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Réglementation — Guide expert

Retenue de garantie — Règles, montant et caution bancaire

Comprenez la retenue de garantie en marchés publics et privés : plafond de 5%, substitution par caution bancaire, délais de restitution et cadre juridique applicable.

5% maximum légalArticle R2191-32 CCPCaution bancaire substituableRestitution 30 jours
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5%

maximum légal

Art. R2191-32

Code commande publique

30 jours

délai de restitution

La retenue de garantie est un mécanisme financier incontournable dans les marchés publics et privés de travaux. Elle permet au maître d'ouvrage de retenir une fraction du montant des acomptes versés à l'entreprise titulaire pour garantir la bonne exécution des travaux pendant la période de garantie de parfait achèvement (un an après réception). Régie par l'article R2191-32 du Code de la commande publique pour les marchés publics et par la loi du 16 juillet 1971 pour les marchés privés, la retenue est plafonnée à 5% du montant TTC du marché.

Pour les entreprises du BTP, la retenue de garantie représente un enjeu de trésorerie majeur : sur un marché de 500 000 euros, ce sont 25 000 euros immobilisés pendant au moins un an. Comprendre les mécanismes de la retenue — et surtout les moyens de s'en libérer via une caution bancaire — est indispensable pour préserver sa trésorerie et éviter les litiges à la réception des ouvrages.

Qu'est-ce que la retenue de garantie ?

La retenue de garantie est une somme prélevée sur chaque acompte versé au titulaire d'un marché public de travaux pour garantir la bonne exécution des prestations pendant la période de garantie de parfait achèvement. Cette garantie couvre les désordres et malfaçons que le maître d'ouvrage pourrait constater dans l'année suivant la réception des travaux.

En marchés publics, la retenue de garantie est régie par les articles R2191-32 à R2191-42 du Code de la commande publique. Elle ne s'applique pas automatiquement : le CCAP (Cahier des Clauses Administratives Particulières) du marché doit la prévoir expressément. Si le CCAP est muet sur ce point, aucune retenue ne peut être appliquée.

En marchés privés, c'est la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971 relative à la retenue de garantie en matière de marchés de travaux qui s'applique. Cette loi impose que la retenue soit consignée entre les mains d'un consignataire agréé conjointement par les deux parties — et non conservée directement par le maître d'ouvrage sur son propre compte, ce qui est une différence fondamentale avec les marchés publics.

La retenue de garantie se distingue de la garantie de parfait achèvement (obligation légale d'un an, article 1792-6 du Code civil) : la retenue est le mécanisme financier qui permet de faire respecter cette obligation. Si le titulaire ne reprend pas les désordres signalés pendant la période de garantie, la retenue peut être utilisée pour financer les réparations par un tiers.

Le montant de la retenue de garantie

Le montant de la retenue de garantie est plafonné à 5% du montant TTC du marché. Ce plafond est identique en marchés publics (article R2191-32 CCP) et en marchés privés (loi du 16 juillet 1971). Le CCAP fixe le taux exact, qui est dans la pratique presque toujours de 5%.

La retenue est prélevée proportionnellement sur chaque acompte. Concrètement, sur chaque situation de travaux (facture mensuelle), l'acheteur retient 5% du montant facturé. Ainsi, sur un marché de 200 000 euros TTC, la retenue totale sera de 10 000 euros, répartie sur l'ensemble des situations de travaux émises pendant l'exécution du chantier.

La retenue ne peut pas être augmentée en cours de marché. Même en cas d'avenant augmentant le montant du marché, le taux de 5% reste le maximum applicable. En revanche, la retenue est recalculée sur le montant total mis à jour (montant initial + avenants), ce qui augmente mécaniquement le montant absolu retenu.

Montant du marché TTCRetenue (5%)Situation mensuelle (ex.)Retenue par situation
100 000 €5 000 €20 000 €1 000 €
500 000 €25 000 €80 000 €4 000 €
1 000 000 €50 000 €150 000 €7 500 €
5 000 000 €250 000 €500 000 €25 000 €

Calcul de la retenue de garantie

La retenue de garantie est calculée à 5% du montant TTC de chaque situation de travaux (acompte mensuel). Elle ne s'applique pas en une seule fois sur le montant global du marché : le prélèvement est progressif, au fur et à mesure des situations émises, jusqu'à atteindre le plafond de 5% du montant total TTC du marché (article R2191-32 du Code de la commande publique).

Formule de calcul

Retenue sur situation = Montant TTC de la situation × 5%

Retenue totale maximale = Montant TTC total du marché × 5%

Le prélèvement cesse dès que la retenue totale cumulée atteint le plafond de 5% du montant TTC du marché (avenants inclus).

Exemple chiffré : pour un marché de 300 000 € HT (soit 360 000 € TTC avec TVA à 20%), la retenue totale maximale est de 18 000 € TTC (360 000 × 5%). Si le chantier donne lieu à 6 situations mensuelles de 60 000 € TTC chacune, la retenue prélevée est de 3 000 € par situation (60 000 × 5%) soit 18 000 € au total sur la durée du chantier.

Situation n°Montant TTC facturéRetenue (5%)Retenue cumulée
Situation 160 000 €3 000 €3 000 €
Situation 260 000 €3 000 €6 000 €
Situation 360 000 €3 000 €9 000 €
Situation 460 000 €3 000 €12 000 €
Situation 560 000 €3 000 €15 000 €
Situation 660 000 €3 000 €18 000 € ← plafond atteint

Exemple sur un marché de 360 000 € TTC (300 000 € HT) avec 6 situations égales de 60 000 € TTC.

Cas des travaux supplémentaires (avenant) : si un avenant porte le marché à 400 000 € TTC, le plafond de retenue passe à 20 000 €. Les situations liées aux travaux supplémentaires subissent également la retenue de 5%, jusqu'à atteindre ce nouveau plafond. L'article R2191-32 ne prévoit pas d'exception pour les avenants : la retenue s'applique à l'intégralité du montant TTC, avenants inclus.

Pour les marchés à tranches, la retenue est calculée tranche par tranche si le CCAP le prévoit. En l'absence de disposition particulière, elle porte sur le montant total toutes tranches confondues. Il est conseillé aux entreprises de vérifier systématiquement le CCAP sur ce point avant le démarrage des travaux et de conserver toutes leurs situations de marché public pour justifier les montants retenus.

Pour aller plus loin : guide détaillé du calcul retenue de garantie — formule, base HT ou TTC, exemples chiffrés par taille de marché, progression sur les acomptes, impact des avenants et comptabilisation.

La caution personnelle et solidaire

Le titulaire du marché peut remplacer la retenue de garantie par une caution personnelle et solidaire (également appelée garantie à première demande). C'est un droit du titulaire que l'acheteur est tenu d'accepter — il ne peut pas le refuser. Ce principe est posé par l'article R2191-36 du Code de la commande publique pour les marchés publics, et par l'article 1er de la loi du 16 juillet 1971 pour les marchés privés.

L'avantage principal de la caution bancaire est de préserver la trésorerie du titulaire. Au lieu de voir 5% de chaque acompte retenus par l'acheteur, l'entreprise touche 100% de ses factures. C'est la banque (ou l'assureur) qui se porte garant auprès du maître d'ouvrage pour le montant correspondant à la retenue de garantie.

La caution est émise par un établissement de crédit agréé (banque, caisse de crédit mutuel, société d'assurance). Elle doit couvrir le même montant que la retenue de garantie (5% du montant TTC du marché) et la même période (jusqu'à l'expiration du délai de garantie de parfait achèvement, soit un an après la réception).

En pratique, le coût de la caution bancaire pour l'entreprise est généralement compris entre 0,5% et 2% par an du montant garanti, selon la santé financière de l'entreprise et ses relations avec sa banque. Sur un marché de 500 000 euros, la caution porte sur 25 000 euros, soit un coût annuel de 125 à 500 euros — bien inférieur au coût financier d'une trésorerie immobilisée de 25 000 euros pendant un an.

Procédure de substitution : le titulaire transmet la caution bancaire à l'acheteur au plus tard à la date de remise de la première demande de paiement. Si la caution est présentée en cours de marché (après que des retenues ont déjà été opérées), les sommes déjà retenues doivent être restituées au titulaire dans un délai de 15 jours.

Délais de restitution

La restitution de la retenue de garantie intervient dans les 30 jours suivant l'expiration du délai de garantie de parfait achèvement (un an après la date de réception des travaux). Ce délai de 30 jours est impératif : si l'acheteur ne restitue pas la retenue dans ce délai, des intérêts moratoires courent automatiquement de plein droit, sans qu'une mise en demeure soit nécessaire.

Le taux des intérêts moratoires applicables aux marchés publics est fixé par le décret annuel relatif au taux d'intérêt applicable en cas de retard de paiement dans les marchés publics. Il correspond au taux de refinancement de la BCE majoré de 8 points. Au taux actuel, cela représente un taux annuel d'environ 12 à 13%, soit un levier puissant pour inciter l'acheteur à restituer dans les temps.

Cas des réserves : si des réserves ont été formulées lors de la réception et qu'elles ne sont pas levées à l'expiration du délai de garantie, l'acheteur peut conserver la partie de la retenue correspondant aux réserves non levées. Il doit néanmoins restituer la fraction de la retenue qui n'est pas affectée aux réserves. En pratique, l'acheteur doit justifier le montant conservé en regard des désordres constatés.

Réception avec réserves : la date de départ du délai de garantie est la date de réception, même si des réserves sont formulées. Le titulaire dispose de toute la période de garantie (1 an) pour lever les réserves. Si les réserves sont levées avant l'expiration du délai de garantie, la retenue est restituée 30 jours après la levée de la dernière réserve — ou 30 jours après l'expiration du délai de garantie, si ce dernier intervient plus tard.

Chronologie type

1

Exécution du marché

La retenue de 5% est prélevée sur chaque acompte (situation de travaux mensuelle).

2

Réception des travaux (jour J)

Le maître d'ouvrage prononce la réception, avec ou sans réserves. Le délai de garantie de parfait achèvement (1 an) commence.

3

Période de garantie (J → J+12 mois)

Le titulaire est tenu de reprendre les désordres signalés. La retenue reste entre les mains de l'acheteur (ou la caution reste active).

4

Expiration de la garantie (J+12 mois)

Si toutes les réserves sont levées, le délai de restitution de 30 jours commence à courir.

5

Restitution (J+13 mois maximum)

L'acheteur restitue la retenue au titulaire. Au-delà, intérêts moratoires automatiques (taux BCE + 8 points).

Retenue de garantie en marché privé

En marchés privés, la retenue de garantie est régie par la loi n° 71-584 du 16 juillet 1971. Le plafond reste identique : 5% du montant TTC du marché. Mais la loi de 1971 impose une contrainte supplémentaire cruciale : la retenue doit être consignée entre les mains d'un consignataire agréé conjointement par les deux parties.

Le consignataire est généralement un établissement bancaire (la Caisse des Dépôts et Consignations est souvent sollicitée) ou un notaire. Le maître d'ouvrage privé n'a pas le droit de conserver la retenue sur son propre compte — c'est une différence fondamentale avec les marchés publics où l'acheteur conserve directement les sommes retenues.

En cas de défaut de consignation par le maître d'ouvrage privé, le titulaire peut invoquer la nullité de la clause de retenue et exiger le paiement intégral de ses situations de travaux. La jurisprudence de la Cour de cassation est constante sur ce point : la consignation est une condition de validité de la retenue de garantie en marché privé.

La norme NF P03-001 (norme AFNOR applicable aux marchés privés de travaux) reprend les dispositions de la loi de 1971 et les complète avec des modalités pratiques : délai de constitution de la caution, procédure de mainlevée, rôle du maître d'œuvre dans le suivi des réserves. Les clauses types de la norme prévoient que la retenue porte sur le montant TTC des travaux, y compris les révisions de prix et les travaux supplémentaires approuvés.

Comme en marchés publics, le titulaire peut substituer une caution bancaire à la retenue de garantie. Cette possibilité est prévue par l'article 1er de la loi de 1971 et ne peut pas être refusée par le maître d'ouvrage privé, sauf disposition contractuelle contraire expressément acceptée par le titulaire.

AspectMarché publicMarché privé
Texte applicableCode de la commande publique (R2191-32)Loi du 16 juillet 1971
Taux maximum5% du montant TTC5% du montant TTC
ConservationPar l'acheteur directementConsignataire agréé obligatoire
Substitution cautionDroit du titulaire (R2191-36)Droit du titulaire (art. 1er loi 1971)
Délai de restitution30 jours après fin de garantie30 jours après fin de garantie
Intérêts moratoiresTaux BCE + 8 points (automatique)Taux légal majoré (sur mise en demeure)
Sous-traitantsPas de retenue sur paiement directSelon contrat de sous-traitance

Retenue de garantie et sous-traitance

La question de la retenue de garantie en sous-traitance BTP est fréquente sur les chantiers et source de nombreux contentieux. Le régime applicable dépend du mode de paiement du sous-traitant : paiement direct par l'acheteur public, ou paiement par le titulaire.

Règle fondamentale — Article L2193-10 du CCP

L'acheteur public ne peut pas appliquer de retenue de garantie sur les paiements directs effectués au sous-traitant agréé. Cette interdiction est d'ordre public : elle s'applique même si le CCAP du marché principal prévoit une retenue de garantie.

Paiement direct (sous-traitant de rang 1 agréé) : lorsque l'acheteur public règle directement le sous-traitant sur présentation de ses demandes de paiement, il verse 100% du montant sans retenir de garantie. L'article L2193-10 du Code de la commande publique est explicite : la retenue de garantie ne s'applique pas aux paiements directs aux sous-traitants.

Paiement par le titulaire : la situation est différente dans la relation contractuelle entre le titulaire et son sous-traitant. Le titulaire peut, dans son contrat de sous-traitance, prévoir une retenue de garantie sur les acomptes qu'il verse lui-même au sous-traitant. Cette retenue est alors régie par les clauses du contrat de sous-traitance et, en marchés privés, par la loi du 16 juillet 1971.

Distinction pratique : un sous-traitant qui n'est pas agréé pour le paiement direct ne bénéficie pas de la protection de l'article L2193-10. Il est alors soumis aux conditions de son contrat de sous-traitance avec le titulaire. Il est donc dans l'intérêt du sous-traitant de demander systématiquement l'agrément de paiement direct auprès de l'acheteur public dès la conclusion du contrat de sous-traitance.

Les entreprises sous-traitantes doivent également veiller à ce que le titulaire ne leur applique pas abusivement une retenue de garantie supérieure à 5%, ou ne retarde pas la restitution au-delà des délais légaux. En cas de litige, le tribunal judiciaire est compétent pour les relations contractuelles titulaire/sous-traitant — même lorsque le marché principal est un marché public.

Contentieux et recours en cas de non-restitution

Lorsque le délai de restitution de 30 jours est expiré et que la retenue n'a pas été restituée, le titulaire dispose de plusieurs voies de recours. L'action doit être engagée dans le délai de prescription de 5 ans (article 2224 du Code civil) à compter de la date à laquelle la restitution aurait dû intervenir.

Procédure de recours — Étapes

1

Mise en demeure par LRAR

Adresser une lettre recommandée avec accusé de réception au maître d'ouvrage, rappelant la date d'expiration de la garantie, le montant dû, et mettant en demeure de restituer la retenue dans un délai de 15 jours. Conserver l'accusé de réception comme preuve. Cette étape est indispensable pour constituer le dossier contentieux et démontrer la mauvaise foi de l'acheteur.

2

Tribunal compétent selon le type de marché

Marché public : le tribunal administratif est compétent pour les litiges relatifs à l'exécution des marchés publics. La requête en paiement doit être précédée d'une réclamation préalable auprès du pouvoir adjudicateur, qui dispose de 2 mois pour répondre. Sans réponse, le silence vaut décision de rejet implicite.
Marché privé : le tribunal judiciaire (anciennement tribunal de grande instance) est compétent. Une tentative de médiation préalable est recommandée pour limiter les délais et les coûts.

3

Intérêts moratoires réclamables

Les intérêts moratoires courent automatiquement à compter du lendemain de l'expiration du délai de 30 jours, sans qu'une mise en demeure soit nécessaire. Le taux applicable est le taux de refinancement de la BCE majoré de 8 points (directive 2011/7/UE relative aux retards de paiement dans les transactions commerciales). À ce taux, une retenue de 18 000 € non restituée génère environ 180 à 200 € d'intérêts par mois.

Constitution du dossier : pour faciliter toute action contentieuse, il est impératif de conserver l'ensemble des documents relatifs au marché et à la réception : procès-verbal de réception (avec ou sans réserves), lettres de levée de réserves, situations de travaux, décomptes mensuels faisant apparaître les retenues opérées, et correspondances avec le maître d'ouvrage. Ces pièces sont indispensables pour établir le montant exact des sommes dues et démontrer que les réserves ont bien été levées dans les délais.

En marchés publics, le médiateur des entreprises peut être saisi gratuitement avant tout recours contentieux. Cette voie amiable permet souvent d'obtenir la restitution plus rapidement qu'une procédure judiciaire, qui peut s'étaler sur 12 à 24 mois devant le tribunal administratif.

Questions fréquentes sur la retenue de garantie

La retenue de garantie est-elle obligatoire ?

Non, la retenue de garantie est une faculté, pas une obligation. Le CCAP du marché doit la prévoir expressément. Si le CCAP ne mentionne pas de retenue de garantie, l'acheteur ne peut pas l'appliquer. En pratique, la grande majorité des marchés publics de travaux la prévoit.

Peut-on cumuler retenue de garantie et caution bancaire ?

Non, la caution personnelle et solidaire se substitue intégralement à la retenue de garantie. L'acheteur public est tenu d'accepter cette substitution (article R2191-36 du Code de la commande publique). Le titulaire touche alors 100% de ses acomptes.

Le sous-traitant est-il soumis à la retenue de garantie ?

Non pour le paiement direct : l'article L2193-10 du CCP interdit à l'acheteur d'appliquer une retenue de garantie sur les paiements directs aux sous-traitants. En revanche, le titulaire peut stipuler une retenue dans son contrat de sous-traitance.

Que se passe-t-il si le maître d'ouvrage ne restitue pas la retenue ?

Des intérêts moratoires courent automatiquement à l'expiration du délai de 30 jours suivant la fin de la période de garantie (1 an après réception). Le titulaire peut adresser une mise en demeure puis saisir le tribunal administratif.

La retenue de garantie s'applique-t-elle au solde du marché ?

Non, la retenue est prélevée uniquement sur les acomptes versés en cours d'exécution, pas sur le solde (décompte général et définitif). Le solde est réglé séparément après vérification des prestations et levée des réserves éventuelles.

Comment calculer la retenue de garantie sur un acompte ?

La retenue est de 5% du montant TTC de chaque situation de travaux. Exemple : marché de 300 000 € HT (360 000 € TTC), retenue totale = 18 000 €. Sur une situation de 60 000 € TTC, retenue prélevée = 3 000 €. Le calcul s'applique proportionnellement sur chaque situation émise, jusqu'à atteindre le plafond de 5% du montant total TTC.

La retenue de garantie s'applique-t-elle aux travaux supplémentaires ?

Oui. Si un avenant augmente le montant du marché, la retenue de garantie s'applique aussi aux acomptes des travaux supplémentaires. La base de calcul des 5% intègre le montant initial et tous les avenants. Un avenant de 50 000 € TTC sur un marché de 300 000 € TTC porte la base à 350 000 € TTC, soit une retenue totale de 17 500 €.

Quel est le délai de prescription pour réclamer la retenue de garantie ?

5 ans à compter de la date à laquelle la retenue aurait dû être restituée (article 2224 du Code civil). Ce délai court à partir du lendemain de l'expiration du délai de 30 jours suivant la fin de la période de garantie. Passé 5 ans sans action en justice, la créance est prescrite.

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GL

Ghislain Levrat

Fondateur de Prescriptio — Spécialiste des marchés publics BTP et de la donnée construction.